Catalogue

Rechercher

Auteurs

J’avais 20 ans dans les années 60, le monde rural
Mary-Gérard Vaude

Les années 60. Ils avaient 20 ans. Ils étaient fils et filles de  paysans, attachés à la ferme, au village. Autour d’eux, tout changeait. Ils ont suivi la marche du progrès, la grand-route des 30 Glorieuses. Ils ont appris, bâti, acheté des tracteurs, des machines. Ils ont causé dans le téléphone, regarder la télévision. Les gars couraient les filles aux bals du dimanche. Comme ils aimaient cette vie où ils se sentaient libres, malgré le travail, les soucis, les emprunts !

Ils témoignent aujourd’hui de cette décennie où les campagnes changeaient de paysages. Quand le cheval charriait ses derniers foins, fauchait ses derniers blés. Alors sur les chemins, le tracteur creusait ses ornières, et ronronnait à travers champs.

 

Le Journal de Saône et Loire

Thierry DROMARD : interview de Mary-Gérard Vaude parue le 05/12/09 :

 « J'avais 20 ans dans les années 60, le monde rural » propose 63 témoignages d'agriculteurs, agronomes, contrôleur laitier, agent du Crédit Agricole, technicien, boucher, employé de coopérative... Il est illustré de photo d'époque de la photothèque du ministère de l'Agriculture

« Le monde rural dans les années 60… c'était vivre dans une société en pleine mutation.

Ces années laissent l'impression d'une époque où tout était facile, qui donnait beaucoup d'espoir. En même temps, beaucoup de jeunes ont abandonné l'agriculture, les familles étaient grandes, un seul enfant pouvait reprendre la ferme. Et les banques ne prêtaient pas n'importe qui. C'est aussi la génération paysanne qui s'est émancipée en refusant la cohabitation avec les parents. Le poids de la JAC (Jeunesse Agricole Chrétienne) et des maisons familiales rurales -qui sortaient les jeunes de leur ferme- était important.

Vos témoins rapportent un tas d'anecdotes amusantes sur les mutations de l'époque...

Oui, par exemple ces paysans qui viennent retirer tout leur argent de la nouvelle agence du Crédit Agricole et l'y remettre aussitôt pour vérifier que leur argent est bien gardé. Ou le nouveau vétérinaire jugé sur son premier vêlage, suant à grosses gouttes entouré de tous les voisins venus l'observer. À la campagne, on pensait volontiers le vétérinaire plus intelligent que le médecin parce que les bêtes ne parlent pas !

C'était une époque d'exode rural intense. Cela touchait-il ceux qui restaient ?

Beaucoup ont été tentés de partir à la ville. Les femmes y poussaient, l'industrie payait bien. Mais la ville, c'était aussi le chant des sirènes. Restaient à la campagne ceux qui y croyaient. Aucun ne s'est plaint du progrès matériel. Cette peine que ça leur épargnait, c'était extraordinaire. La machine était libératrice !

On est alors au début de l'agriculture intensive avec l'ambition d'atteindre l'autosuffisance alimentaire de la France…

Il y avait un élan, les agriculteurs se sentaient investis d'une mission, les techniciens poussaient. Le ministre Pisani leur disait : « produisez, le reste on s'en occupe. »

Le livre fourmille d'anecdotes sur le progrès, les nouvelles techniques et l'abandon des anciennes comme le cheval de trait.

Le cheval fut abandonné sans regret. Le tracteur évitait tant de peine ! On était aussi dans le plein essor des coopératives. Et quand les jeunes revenaient de la Maison Familiale rurale chez eux, avec leur regard neuf sur l'agriculture, ils essayaient d'appliquer les techniques, de pousser leur père à évoluer. Plein de conflits positifs en sont nés. Mes témoins évoquent aussi des impasses, des races animales délaissées, des faillites… Mais c'était une période d'épanouissement personnel. Et pour un type qui avait de l'ambition, c'était une période rêvée. »

Aucun commentaire n'a été publié pour le moment.

Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent poster des commentaires. Pour vous enregistrer ou vous connecter sur notre site
cliquez ici

J’avais 20 ans dans les années 60, le monde rural

Prix réduit
20,00 €

  • Nombre de pages : 280
  • Format : 15 x 20,5 cm
  • Date de parution : 01/12/2009
  • ISBN :978-2-35008-025-3